Google veut modifier ses règles de référencement pour éviter une lourde amende européenne
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Google veut modifier ses règles de référencement pour éviter une lourde amende européenne
Google vient de glisser un compromis sur la table de Bruxelles. Le sujet, sa politique anti-spam qui fait perdre de la visibilité à des sites de presse européens depuis 2024.
Par
Jennifer Larcher
Publié le 12 mai 2026 à 12h14
Le problème porte un nom technique, site reputation abuse. Un média publie un comparatif sponsorisé, un guide d’achat produit par un partenaire ou intègre un widget Taboola dans ses pages.
Google décide que ce contenu parasite la réputation du site et le fait reculer dans les résultats de recherche.
Pour des rédactions qui comptent sur ces revenus partenaires pour boucler leurs fins de mois, la sanction algorithmique a un impact direct sur la trésorerie.
Bruxelles a ouvert le dossier en novembre
Plusieurs éditeurs ont remonté le problème à la Commission européenne.
Teresa Ribera
, vice-présidente exécutive chargée de la concurrence, a lancé une enquête en novembre 2025 dans le cadre du Digital Markets Act. Le DMA oblige les plateformes dominantes à classer les résultats de manière juste et non discriminatoire.
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Or punir un site parce qu’il monétise ses pages
avec des partenariats commerciaux
, pour Bruxelles, cela ressemble fortement à de la discrimination. Surtout quand pratiquement la totalité de la presse européenne fonctionne sur ce modèle.
Google préfère plier que payer
Le groupe n’a pas attendu que Bruxelles prenne une décision.
Des propositions de modification ont été envoyées à la Commission
pour tenter de désamorcer le conflit avant qu’il n’aboutisse à une injonction formelle. Personne ne sait exactement ce que Google a mis sur la table. La direction générale semble assez claire. Les sites de presse qui monétisent leurs pages avec des partenariats éditoriaux ne devraient plus voir leur visibilité amputée pour cette seule raison.
Éditeurs, concurrents et acteurs du marché avaient jusqu’à la semaine du 11 mai pour réagir auprès de la Commission.
L’enjeu financier explique en partie l’empressement de Google
. En cas d’infraction au DMA, l’amende peut grimper à 10 % du chiffre d’affaires mondial d’Alphabet. Et le taux double en cas de récidive.
9,5 milliards d’euros de contentieux accumulés
Quatre amendes antitrust depuis 2017 totalisent environ 9,5 milliards d’euros.
Google Shopping en 2017, 2,42 milliards.
Android en 2018, 4,34 milliards.
AdSense en 2019, 1,49 milliard.
AdTech en 2025, 2,95 milliards.
Plusieurs appels sont encore en cours
. D’autres enquêtes DMA avancent en parallèle par rapport au traitement préférentiel des services de Google dans Search. Un porte-parole du groupe assure que la priorité reste de
maintenir des résultats utiles et pertinents
tout en luttant contre les pratiques trompeuses.
Neuf milliards et demi d’amendes plus tard, Google découvre qu’il vaut mieux proposer un compromis avant la décision plutôt que de contester après. Les éditeurs européens noteront le geste. Ils noteront surtout qu’il aura fallu une menace de facture à dix chiffres pour le provoquer.
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